Dans le parc de ravitaillement, ils sont les petites mains de l'Enduro
lundi 31.01.2011, 05:14 - La Voix du Nord
Fabienne et Jean-Louis Goblet, à l'oeuvre autour de la moto de leur fils. Lui s'occupe de l'essence, elle de la nourriture. | LES VISAGES DE L'ACTUALITÉ |
Impossible d'ignorer les héros de l'Enduro, ces pilotes qui franchissent, dans les premiers ou les derniers, la ligne d'arrivée. Mais ils ne sont pas les uniques artisans de leur succès. Derrière eux, il y a des familles, des amis qui oeuvrent, en coulisses dans le stand de ravitaillement. Rencontre avec Jean-Louis et Fabienne Goblet, qui épaulent pour la seconde fois leur fils dans la course.
PAR RAPHAËLLE PELTIER
montreuil@lavoixdunord.fr
Le départ n'a même pas encore été donné que déjà, dans le parc de ravitaillement de Stella-Plage, Fabienne et Jean-Louis Goblet s'affairent. Dans quelques minutes, leur fils, Steve, partira pour son deuxième Enduro. L'an dernier, il n'a pas terminé la course. Cette année, il veut voir la ligne d'arrivée. Et pour y arriver, les ravitaillements aussi comptent.
Alors, ses parents ont décidé de ne rien laisser au hasard. Leur installation a été pensée au millimètre. À l'avant de la moto, l'essence et le matériel, à l'arrière, les boissons et la nourriture.
Ne surtout pasperdre de temps
Avec Fabian, un ami de leur fils qui fera office de mécanicien, ils calculent : le premier passage sur le stand devrait avoir lieu vers 13 h 45, il faudra que tout soit prêt à temps, pour ne pas en perdre, justement. Alors Fabienne commence à éplucher une banane, au cas où son fils aurait faim.
En même temps, elle et son mari débattent sur le nouveau tracé de la course. Lui, fana de moto, regrette la fin du holeshot. Elle, qui s'inquiète toujours au moment des départs, se trouve un peu rassurée.
Si Jean-Louis et Fabienne ont passé aussi longtemps à organiser les ravitaillements, c'est que leur fils est particulièrement méticuleux. Quand il s'agit de moto, il ne laisse rien au détail. « Vous n'avez pas idée, plaisante son père. Il ne nous laisse même pas laver sa moto. C'est à peine si nous pouvons la toucher ! ». « Mais, après plus de dix ans de courses avec nos deux fils, c'est toujours le même plaisir », assure-t-il.
Ça y est, Steve arrive. Son frère, pilote lui aussi et chargé aujourd'hui du panneautage, a fait passer le message. Jean-Louis et Fabienne sont en position.
Fabian, lui, attend Steve pour lui indiquer le chemin du stand. À peine une minute plus tard, la moto est repartie. Jean-Louis saute de joie. Manifestement, leur organisation a du bon. « On est plus rapide que les stars », précise Fabian, qui vient d'assister au passage de Steve Ramon au stand Suzuki.
46 minutes avant le prochain passage de Steve. Ils ont calculé. Pendant ce temps, Fabienne, Jean-Louis et Fabian aident aussi au ravitaillement de l'un de ses amis qui, lui, est venu seul. Dans les stands, le temps est comme suspendu entre chaque passage. Rien à faire sinon attendre et jeter un coup d'oeil, de temps en temps, au classement.
À la mi-course, Steve pointe à la 187e place. « Nous, on veut juste qu'il arrive au bout, commente sa mère,mais c'est bien, c'est sûr, car il y a eu beaucoup de casse et d'abandons ».
Les tours s'enchaînent et arrive le dernier ravitaillement. « Maintenant, il va surtout falloir le motiver », prévient Jean-Louis. Ce dernier passage est un plus long que les autres, chacun y va de son encouragement. Fabian, de son côté, calcule combien de places Steve peut encore gagner. « Une dizaine, pourquoi pas ? ».
Finalement, celui-ci terminera beaucoup plus haut que ce que ces mécanos d'un jour osaient espérer. À la 133e, 3 tours derrière les meilleurs, sans avoir perdu une seconde au stand. •
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